Lepic-Abbesses, c’est approximativement un quartier du 18ème situé entre le Moulin Rouge et le Sacré Coeur. J’habite là bas depuis 3 ans et je peux vous dire qu’aujourd’hui c’est fini, les touristes ont tout salopé, les services de proximité disparaissent jour après jour, faites place aux touristes, dégagez la rue, ils vont vous écraser la gueule.

Tout commence au Moulin Rouge, symbole illusoire et prodigieux de l’érotisme parisien. Les portes étendard du renoncement libidinal viennent faire la queue, partager un repas et apprécier ces jeunes femmes plumées, seins nus, sourire, maquillage, pensée morbide, avortement, anorexie, espoir. Papa, CSP chiasse chiasse : chemise à rayures vertes et bleues plongée dans un pantalon belge bien serré par une ceinture en cuir marron, basket blanche à 19,99 euros chez Décathlon. La commode qui lui sert de femme se la joue robe de soirée noire fendue, achetée il y a 7 ans à l’occasion d’un cocktail du comité d’entreprise. Juchée sur des talons tout aussi disgracieux, Madame a manucuré ses panards, chose qu’elle n’avait pas faite depuis des années, à la manière d’un menuisier c’est à dire au rabot, le résultat est, vous vous en doutez, particulièrement hideux.

Ils remontent ensuite la rue Lepic en file indienne et observent notre cadre de vie comme au zoo. Abbesses est devenu une sorte de musée d’êtres vivants à ciel ouvert. C’est le “Village des Frenchies” comme il y a eu le “Village de Bamboula”, rappelez vous !

Le simple fait d’aller acheter une baguette de pain se mue en une expérience éminemment grotesque quand on observe avec quelle désinvolture les difformités culturelles se confondent. Les groupes de jazz tentent de cohabiter avec les danseurs de capoiera qui foutent un merdier pas possible tandis que de l’autre côté de la rue un noir jongle avec un bocal à poissons rouges sur le crâne.

Tout ça, sans oublier les accordéonistes gitans et ces valses musettes que l’on pensait définitivement disparues suite à l’exhumation sauvage de l’infernal Patrick Bruel. Elles sont désormais réimportées par de sombres romanichels qui perpétuent malgré nous cette accablante malédiction. Je ne peux m’empêcher de penser alors que le crime est l’unique distraction admise quand je suis face à un tel marasme.

Le truc aujourd’hui c’est que, nous riverains, sommes particulièrement concernés par cette métamorphose qui existe sûrement depuis des années mais qui est de plus en plus ostensible ces derniers temps. L’autre fois  gros malaise quand il fut question d’aller acheter du poulet chez le traiteur Chicken Family (petit traiteur sympa chez lequel les gens du quartier se retrouvent à la bien pour discuter et acheter de la bonne bouffe.) Le mec faisait la gueule parce que My Hotel in France a saisi la justice pour le faire décamper à cause d’une sombre histoire d’obstruction de local à vélo. Décision en appel : le traiteur a 4 mois pour se tirer, sans indemnité. Le mec perd tout. Les larmes aux yeux, il expliquait qu’il avait commencé à bosser à 15 ou 16 piges, qu’il avait monté son truc avec ses gosses et qu’aujourd’hui ben plus rien. Tout ça pour le confort des chinois et des allemands qui débarquent par dizaines chaque jour, sans se douter qu’ils sont entrain de tout défoncer, un peu comme les sangliers qui ravagent les cultures des paysans à la campagne. Sauf qu’avec les paysans ça se termine avec une balle dans la panse, à Abbesses c’est tapis rouge.

Alors que faire ? Le traiteur organise une manifestation le 2 juillet place des Abbesses, il va sans dire que je n’y assisterai pas puisque je serai en CentreAfrique pour construire une maternité dans la ville de Yalinga. Néanmoins voici la pétition du traiteur avec un texte explicatif si vous voulez en savoir plus.

Allez et comme dirait Poussin : KISS !

Les gens se sentent obligés de s’exprimer sur Internet parce qu’ils en ont les possibilités techniques. J’expose cette assertion depuis que j’évolue dans l’espace numérisé via mon blog et mon compte Twitter. Sur Internet, le fait de n’avoir rien à dire n’est en rien un obstacle pour prendre la parole. Dans la vie réelle, à table, dans le métro, avec ses amis, il serait inopportun et quelque peu extravagant de s’adonner à de telles réflexions.

 

 

La position derrière l’écran et le fait qu’il n’y ait pas de lien par le regard alimente le sentiment d”impunité dont pense jouir l’internaute. Ce dernier remet en cause, à la manière de la table rase, toutes les conventions et contraintes du bien vivre ensemble expérimentant avec acuité les déficiences aussi bien psychologiques qu’émotives de sa personnalité. En transe, il se veut démesuré, toujours en quête de quelque chose à dire, il est une sorte de voyageur qui explorent les terres rongées par le vide ou pullulent des sensations et des pulsations sans consistance. C’est bien pour cela que sa musique est infinie comme elle seule est libre, délestée de sens et de toute profondeur. Ces internautes n’ont pas rien à dire, ils ne disent rien nuance, ils ont réussi à reproduire le phénomène physique de sublimation sur Internet, bravo à eux.

De cette masse informe et infâme quelques personnalités ont émergé telles que Monsieur Dream, Sam Robbe du Rewind, Martin Medus et d’autres énergumènes dont les saillies sont aussi efficaces et infaillibles que la tentative d’attentat de Richard Reed sur le vol 63 d’American Airlines. Affichant un mépris total pour ces acteurs du web français depuis ma naissance numérique j’ai, il y a peu, fait la découverte de Poussin aka Playboydu94600. Ce jeune homme de 22 ans, qui réside selon toute vraisemblance aux alentours de Choisy le Roi, a réalisé pas moins de 200 vidéos de qualité durant lesquelles il expose sa vie privée, ses pensées, sa petite amie, son chien, ses découvertes, de façon assez cohérente puisqu’elles ont toutes le point commun d’être fondamentalement inutiles et sans aucun intérêt. Or contrairement à tous les indigents guignols rencontrés jusqu’alors, Playboydu94600 exerce son art dans la plus absolue innocence, dans la plus grande faiblesse, dans un tel évanouissement qu’il lui est incapable d’exprimer la moindre vanité, la moindre arrogance. Poussin nous offre un véritable modèle d’authenticité, il ne triche pas, il est là pour beurrer les sandwichs…

C’est un conteur, un narrateur, infortuné certes mais si doux et apaisant. Poussin c’est le mec en qui tu peux avoir confiance, il baisera pas ta copine dans ton dos et si t’as un souci il viendra changer le pneu de ta bagnole en pleine cambrousse. Poussin c’est le mec avec sa petite caméra qui t’assure un petit moment plein de simplicité avant que tu retournes bosser, subir l’hypocrisie du néo-management.  Poussin son père est alcolo (il l’a dit lui-même), tu sens que c’est le CSP – - qui vit dans un taudis, que la vie c’est pas facile facile, pourtant sa chaîne Youtube est actualisée tous les deux ou trois jours. Poussin c’est le petit gars qui te prouve que la fracture numérique dans ce pays de cons, ben c’est pas rédhibitoire.

Alors voilà pour ceux qui connaissent pas et ben c’est l’occassion de le découvrir. Longue vie à Poussin !!

 

 

L’affaire DSK.

15 mai, 2011

J’aimerais réagir à chaud à l’inculpation de Dominique Strauss Kahn pour tentative de viol. Il est essentiel pour la démocratie et la liberté d’expression que je puisse m’octroyer la légitimité de disserter à propos de cette affaire sordide. Je suis le propriétaire d’un espace d’expression numérique, j’en profite donc pour délivrer ma pensée que j’estime digne d’intérêt. Il est important dans une affaire comme celle-là de prendre du recul avant de tirer quelques conclusions que ce soit, néanmoins je veux profiter des vertus de l’immédiateté du flux numérique et vous offrir ma première impression.

 

 

 

 

 

 

(ce n’est pas moi sur la photo)

J’aime beaucoup Internet. C’est un espace sur lequel je m’exprime pour donner un peu plus de relief à mon existence. J’écris. J’écris pour sauvegarder cette vitalité d’esprit, c’est ma petite gymnastique du dimanche, mon petit footing matinal. Je transpire quand j’écris, je suffoque, le souffle des mots, des morts, l’effort intense. J’ai mon petit blog je suis comme ça… La génése ? Un soir d’automne sur l’A75. Aire de repos, je me dégourdis les jambes, PAF une bombe, une fille magnifique, j’étais cloué, mort sur le coup, impossible d’aller lui parler, trop sensible moi ? Tu l’as dit bouffi… Je repars bredouille, nerveux, je tape sur le volant comme un demeuré, la haine mec, la haine. Putain pourquoi j’ai pas tenté le coup ? J’ai regardé droit dans le rétro pour me confronter à moi même, yeux dans les yeux, je te jure qu’est ce que j’ai vu? La route qui défile, la vie qui passe derrière, trop d’occasions ratées, trop de regrets. La roue qui tourne et moi je baisse mon froc. Fuck it man, je suis pas là pour ça ! Hop, je tape un 220 sur l’autoroute super vener, je rentre chez moi, décalqué. Je trempe deux trois madeleines dans mon café pour me requinquer PAF révélation ! Un blog pour évacuer toute cette merde putain ! Partager, échanger, en plus on m’a déjà dit que j’avais de bonnes qualités rédactionnelles, ça plus mon Bac littéraire, je dis combo ! Ben quoi, c’est littéraire qui te fait sourire ? Passe un peu de temps sur le blog et on en reparle. Non je déconne, bref ouais voilà c’est de là que ça vient.

A la fac on reconnait mes skills c’est clair mais finalement quand une fille m’aborde en me parlant de mon blog, c’est dead pour elle. J’attends pas qu’on me congratule, la postérité rien à péter, je suis pas là pour le style, je suis là pour évacuer. Ouais.

Seul au fond de la classe sur mon ordi, je tapote, je tapote dur quand ca va pas. Les gens me prennent pour le mec un peu psycho à qui vaut mieux pas adresser la parole… ouais bon c’est vrai à des moments faut pas me chercher mais sinon agneaux hein, petit agneaux… si, si ! Mon combat c’est avec moi même, les gens autour de moi qui pourraient se sentir concernés n’ont à rien à voir la dedans, si quelqu’un de ma classe lit ce blog – et je pense que c’est le cas manifestement – je l’invite à venir me parler.  Je sais que j’ai été parfois dur avec les filles, parce que le passé, parce que des plaies, parce que pleins de choses, bon mais je peux pas trop en parler là. Trop frais ? Trop tôt on peut dire. Elle m’a fait mal, c’est tout, j’en dis pas plus.Serious Lover.

 

Calvaire.

30 mars, 2011

Jean est un jeune homme sympathique, il prend les transports en commun pour se déplacer. Aujourd’hui il s’assoit sur un strapontin, croise les jambes et sort de sa poche un livre qu’il ouvre de façon tout à fait ordinaire. Jean lit un livre de Cioran, c’est difficile Cioran. Il explique à Jean :

“Nous ne voyons autour de nous que des inspirations et des ardeurs dégradées : tout homme promet tout, mais tout homme vit pour connaître la fragilité de son étincelle et le manque de génialité de la vie. L’authenticité d’une existence consiste dans sa propre ruine.”

Jean, crispé, relit cette assertion avec un certain scepticisme quand il est subitement submergé par une colère épouvantable. Jean bute une nouvelle fois sur ce maudit bouquin qu’il a toutes les peines du monde à dépouiller. La relative intelligence dont il pensait jouir devient éminemment dérisoire face à la puissance des aphorismes qu’exalte Cioran sur des pages entières. Jean est entrain de vivre un des moments les plus détestables de son existence et songe, très anxieux, aux changements qui vont immanquablement intervenir en lui suite à cette déconvenue. Jean, le crâne collé contre la vitre du wagon regarde désormais défiler les graffitis sur les murs des tunnels, ils sont gris pour la plupart, les lettres se superposant pour le style.

Jean a rendez vous avec une femme. Une jeune fille. Ce soir ils vont apprendre à se connaître. Partager, échanger, tous les préliminaires nécessaires à une bonne entente, à une confiance mutuelle pour aller plus loin, c’est à dire entreprendre une activité physique en vue de se procurer un plaisir réciproque. La pénétration vaginale est un passage non pas obligé mais conseillé si l’on veut aller jusqu’au bout de l’effort consenti.

Vanessa a les mains moites, les ongles rongés par le stress, des yeux verts, un beau sourire. Elle lui parle de sa vie, du vide, ses amis qu’elle ne voit plus, la province, Caen, l’ennui, la solitude, la poussière. Jean promeut son humilité, un homme simple, discret, loin des mondanités. Il n’a jamais fantasmé sur les stars ou les célébrités, il sait trop à quel point elles peuvent être humaines, à quel point elles peuvent être comme lui. La seule et grande différence, explique t-il, est que la société leur a admis une sorte de talent, lequel pourquoi comment… Il ne l’explique pas, certainement par crainte de ne pouvoir suffisamment développer son idée. Sourires, amabilités, bon.. Un taxi. Il ouvre la porte arrière de la voiture et laisse son amie s’installer. Elle s’assoit et pose son sac sur ses deux cuisses. Jean entre à son tour et referme la porte. Silence. Ils partent chez Vanessa en banlieue,  les maisons sont côtes à côtes, les jardins à la vue de tous, la maison de ses parents est comme les autres, ils sont à l’intérieur, Jean pose son manteau sur le lit. Vanessa part sous la douche. Sur l’écran de l’ordinateur défiles des photos, Vanessa est avec ses amis, les dents, les longs nez, les doubles-mentons, les gros bides.

Jean passe à son tour sous la douche. Il regarde son corps : mince, de fines jambes, petit ventre, petite touffe de poil au centre du torse. Jean a un long pénis. Il sort de la salle de bain, Vanessa est assise sur le lit, elle tend un préservatif qu’il enroule autour de son sexe. Il vérifie le sens du déroulement et pince le réservoir entre le pouce et l’index afin d’en chasser l’air. Il se masturbe légèrement, pose de la salive sur le creux de sa main et lubrifie la partie extérieure du préservatif. Le pantalon de Vanessa est bloqué près des chevilles, Jean se lève et tire fort deux fois sur le vêtement pour libérer son amie. Elle se jette sous la couverture et éteint la lumière.  Il se penche sur le lit et écarte ses cuisses. Jean positionne son corps et avec ses poings prend appui sur le matelas.

“Ca va?

- Oui pourquoi ?

- Non, pour rien.”

J’ai rendez vous. Rendez vous pour mon premier article d’investigation. Lunettes de soleil, keffier et casquette NY Yankees, je pars incognito rencontrer Ghislain rue Vivienne. Il est là avec son ordinateur et m’explique sans dire bonjour qu’il a eu des difficultés à se connecter au réseau wifi, que le serveur est désagréable et que je ferais bien de m’asseoir pour l’écouter.

Ghislain est clairement antipathique notamment parce qu’il est d’une laideur sans nom.  Blond, la peau blanche, les yeux creusés, la bouche fine et de petits sourcils, il n’a pas de tares visibles mais de l’ensemble de ces traits résulte un profil remarquablement hideux. Ghislain… dans mon imaginaire ce prénom est celui des débiles mentaux comme Boris est le prénom des Russes ou Rachid celui des Algériens, c’est un prénom vieillot et désexualisé, ce qui correspond finalement assez bien à ce que l’on voudrait imaginer des handicapés. Néanmoins ce Ghislain là est très normal, très à l’aise, très bavard, il parle de choses et d’autres, de la Libye, de cuisine moldave et de matelas gonflables Quechua. Tous ces sujets sont réellement passionnants cependant si Monsieur voulait bien se recentrer et aborder celui pour lequel nous sommes réunis ici, la vie serait bien plus courte.

L’ami Ghislain tourne autour du pot mais ne tarde pas à sortir de sa réserve. D’apparence générale plutôt miteuse, il n’hésite pas à faire la corrélation entre son pull en laine aux manches trop courtes et sa condition précaire de journaliste web sous payé. Cependant, précise t-il, le salaire assez bas est en parfaite conformité avec ce que l’on nous demande : copier/coller des dépêches AFP, les reformuler si besoin, trouver une illustration et les foutre en ligne. Considérée par moult observateurs comme la future force motrice du monde de la presse, la relève des journalistes web me semble aujourd’hui aussi vivace et vaillante qu’un bac à litière en plastique. Toutefois, mesure Ghislain, certains ne sont pas malheureux et réussissent à s’offrir une petite place au soleil. Soit ils montent en grade dans une grande rédaction web, soit ils vont se la coller chez Slate, Rue89 ou OWNI et travailler sur des articles de fond. Pendant ce temps là, défilant sous les fourches caudines des journalistes papiers, aigris de voir l’information traitée de façon lapidaire par de jeunes branleurs ébouriffés, l’accablante procession des jeunes journalistes web continue devant les rédactions online

L’affreux Ghislain regarde sa montre, la pause déj est terminée, il me file un badge visiteur et nous partons sur son lieu de travail. Open-Space. Le sol est en lambeaux, le lambris craque sous les pieds. L’hiver est rude à la rédac’ qui se chauffe essentiellement au charbon, l’exposition journalière à la poussière de houille a affecté les poumons des occupants qui toussotent les un après les autres couvrant ainsi les blablas monocordes des conversations téléphoniques. Après quelques minutes douloureuses d’observations un des journalistes, qui n’a pas cligné des yeux depuis plus de 20 minutes, m’interpelle. Il sait qui je suis et ce que je suis venu faire ici. Flottements. Malaise. Il me fait signe d’approcher et me glisse à l’oreille.

“Chaque nuit  pendant mon sommeil je rêve d’être en reportage à travers le monde mais le matin au reveil dans ma salle de bain je ne vois qu’un pauvre mec, pas très beau, le teint pâle, avec une vilaine peau. Avant j’étais fougueux, dynamique, aujourd’hui mon charisme c’est ma vacuité,  je suis parfaitement dépouillé de moi-même.”

Je recule de trois pas rapides. Le journaliste penche la tête sur le côté, m’offre un large sourire les yeux ecarquillés et recolle nerveusement son nez contre l’ordinateur. Flippant. Je continue mon petit tour et remarque que tous les journalistes sont connectés sur Twitter. Sourcils froncés, le pouce et l’index de la main droite sur le menton, j’interroge une journaliste qui me semble disponible.

Pour publier un lien, commenter, relayer un propos, les 140 caractères de Twitter semblent un format optimal mais pour le travail journalistique, est ce vraiment adapté ?

“Franchement ? On est en droit de se poser la question. Sommes nous capable d’appréhender l’information de façon complète sans que la qualité de notre jugement soit altérée par la surabondance des événements ? Plusieurs fois par le passé, on a pu observer des journalistes abuser d’un type d’information  que moi, Francoise Coudez, j’appelle « Big mac ». C’est-à-dire bâclée, pas vérifiée et malgré tout relayée… C’est la course à la notoriété et à l’instantanéité au détriment de la qualité, voire même de la véracité de l’information. Ils sont jeunes ces journalistes, ils sont frais et n’hésitent pas à jouer des coudes pour se faire une petite place sur le réseau. C’est tout à fait naturel. Moi-même, je rabaissais systématiquement mon frère quand il prenait la parole. Ma mère riait beaucoup, on riait tous. A chaque fois que mon frère ouvrait la bouche, on hurlait, mon père, ma mère et moi.

Est ce que ce phénomène s’apparenterait à une sorte de déresponsabilisation ? Une fois sur Twitter le journaliste abandonnerait son rôle social et professionnel du “monde réel” ?

“Je n’ai pas très bien compris ce que tu veux dire… Toutefois je me suis penchée il y a peu sur une étude de chercheurs de l’université de Californie du Sud. Elle explique que les nombreux flux d’informations seraient trop rapides à traiter, que Twitter pourrait même avoir des répercussions sur le cerveau et heurter le développement émotionnel des utilisateurs. En fait, le cerveau ne pourrait complètement digérer la surprise, l’anxiété et même la souffrance induites par une publication car il est matraqué systématiquement par une publication suivante. Cette affection pathologique est-elle à l’origine des égarements des journalistes web sur Twitter ? Possible… “

La perspective est plaisante mais semble inexacte vu l’inconsistance des assertions développées par ces scientifiques. Toutefois on est en droit d’adhérer aux théories de ces éminents chercheurs à la lumière de certaines interventions de journalistes que l’on peut recueillir sur le réseau.

Certains n’hésitent pas à employer la manière forte pour se faire entendre.

D’autres s’abandonnent définitivement à leurs instincts.

Pendant que cette douceur se rattache tant bien que mal aux dernières branches de sa déontologie.

Là, ces messieurs se tirent dans les pattes pour sauver l’honneur de la profession.

Et ici, cette demoiselle nous fait part de son désarroi.

Ci-dessous, on relaye l’information avec professionnalisme et application.

Tandis que là, on s’essaye à l’humour avec brio.

Bon gré mal gré ce jeune homme nous expose la difficulté de concilier journalisme et vie de tous les jours.

Lorsque celui là n’hésite pas à se moquer de ses confrères avec une certaine malice.

Je prends congé de Ghislain et m’exfiltre discrètement du bâtiment. Sur Twitter, les journalistes web sont les rois, ils sont des leaders d’opinion et n’hésitent pas à débattre, à mettre en relief leurs avis alors qu’au bureau ils courbent l’échine avec un salaire de misère, comme quoi on a jamais assez vanté les vertus rafraîchissantes de l’internet mondial.

 

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Les livres de Christian Jacq ont cela d’incroyable, qu’ils vulgarisent l’Histoire avec la plus belle impunité dont peut jouir un romancier. Christian Jacq a culbuté le genre de la science fiction, aiguisant son imagination non pas dans un cadre futuriste mais antérieur. Il opère une audacieuse refonte du genre et nous délivre avec une certaine assurance des récits hallucinants sur les temps anciens, particulièrement en Egypte ancienne. Enfant, de la lecture des 5 Tomes de la saga sur le règne de Ramsès II publiés par C. Jacq,  je n’ai retenu qu’une chose : la minutie avec laquelle l’auteur décrivait l’âme se libérant du corps du défunt pour rejoindre le royaume des morts, là où les choses se passent, là où Anubis a géré son petit business funéraire pendant 3000 ans. Cette représentation de l’âme qui abandonne le corps est restée ancrée en moi, si bien que mon esprit reconstitue régulièrement ce phénomène lorsque que je me retrouve confronté au renoncement de certaines personnes à sauvegarder ce qui leur reste de spiritualité.

Chaque article de blog beauté, chaque vidéo geek high tech, chaque intervention de Martin Medus est un désaveu, un délaissement, un abandon de leur condition d’être humain. Une régression vers les temps préhistoriques durant lesquels celui qui gesticulait et hurlait le plus fort mangeait le premier. (cf scène des singes dans 2001 : L’Odyssée de l’espace), cette méthode vieille comme le monde est aujourd’hui largement utilisée sur le web par des particuliers qui veulent se faire connaître.

La saga de Jacq martèle cette entêtante question : comment vivre sans croyance ? Comment peut-on vivre et abandonner nos qualités d’abstraction pour la vacuité impérieuse ? A annihiler toutes formes de spiritualité en les taxant de ringardes ou de déviances vaniteuses, nos sociétés ont fait le lit de ces opportunistes blogueurs, fausse star et trou du cul numérique. Je ne peux cependant m’empêcher de me demander si l’idéalisme n’est pas un luxe de nanti, et si un idéaliste n’est pas un enfant de pute qui trouve que la terre n’est pas un endroit assez bien pour lui…

Pour me consoler, je me dis qu’il est moins pire d’être un naïf utopique qu’un gouffre béant comme Martin Médus. 1) Vendre son existence pour être médiatisé sur Secret Story 2) Monter un blog 3) Se filmer entrain de se faire épiler les burnes 4) Interviewer des stars comme Babillages. Conclusion : Faire du rien avec du rien, à partir de rien. C’est à se demander si ce Martin Médus existe vraiment.

J’ai décrit au début de l’article ce phénomène de l’âme quittant le corps qu’elle habite. Vous trouvez cela surement assez abscons alors voici un exemple concret.

 

A la fin des années 70, on réalise que les populations Africaines vont s’installer durablement en France. La République est métissée, débarbouillée et ardemment reconstruite par les forces vives des anciennes colonies qu’il faut désormais intégrer sur le territoire. Or, on connaît le goût de certains teigneux pour les ratonnades et autres violences faites aux minorités, la gauche crée logiquement les associations anti-racistes pour protéger les nouveaux locataires sujets à diverses discriminations. Les mecs font leur boulot et tentent d’accommoder, légitimement, la population française à la réalité de l’enracinement. Pour ce faire, ces associations usent de diverses techniques plus ou moins efficaces notamment la sensibilisation du public.

A l’époque ce public plutôt jeune, complexé par un héritage historique en Europe somme toute assez piteux, est largement séduit par les préceptes anti-racistes comme l’étaient leurs parents, soixante-huitards en espadrilles, quand on leur parlait d’émancipation et de vie en communauté  L’anti-racisme se voit alors pousser des ailes, commence à s’affairer au delà de sa vocation de départ – prévenir et dénoncer les discriminations raciales – et s’attribue un rôle moral et politique en colportant la vision d’une France que personne ne connaît, la France métissée où tout le monde main dans la main fait la ronde au delà des différences.

Les associations deviennent de véritables institutions (LICRA, MRAP, SOS Racisme) qui déjeunent avec le président de la République, collectent d’importants fonds et organisent de véritables campagnes publicitaires, chacune avec sa propre sensibilité : l’antisémitisme pour la Licra, l’islamophobie pour SOS Racisme et la MRAP, c’est dire la portée universelle de leurs actions… L’anti-racisme devient omniprésent, entreprend une véritable chasse aux sorcières, banalise les accusations d’actes racistes et renforce ainsi une atmosphère de défiance entre les minorités. Ses adeptes ont la même excitation à monter au créneau, ils ont le même déséquilibre paranoïaque, la même pulsation rythmique que les types d’extrême droite quand ils s’en prennent aux hommes de couleurs. L’anti-racisme primaire repose sur les mêmes bases que le racisme. Il inspire les idiots qui s’absolvent ainsi d’une part de leur non-engagement politique qu’il soit militant ou strictement spirituel.

La réactivité automatique et maladive dont il font preuve témoignent d’un manque prégnant de réflexion. Ils agissent systématiquement et étouffent ainsi la liberté d’expression, l’humour noir et l’esprit critique. Ils stéréotypent eux-mêmes les personnes issues de minorités car ils leur rappellent à quel point elles sont différentes, qu’elles disposent d’un traitement de faveur, qu’elles ne sont finalement pas comme les autres. Ils  s’octroient une vertu quasi mystique d’anticipation, celle de prophétiser les désastres à venir si l’on touche au sacro-saint métissage qui n’existe pas.

Il n’y a aucune union, les cultures se confrontent plus qu’elles ne s’enrichissent. Cette mentalité d’harmonisation fantasmée des anti-racistes est soutenue par le projet mondialiste capitaliste qui consiste à promouvoir le métissage généralisé afin de faciliter les échanges commerciaux et fonder une foule de consommateurs homogène. Cette forte tendance va à l’inverse du processus classique et très lent des cultures qui s’enrichissent l’une et l’autre. De sorte que l’on soit passé de cultures qui s’apportent l’une l’autre, à des cultures détruites finalement par leur télescopage forcé, dûment opéré par une force tierce : le marché mondialiste.

 

Avec mon copain Comicsansms, nous avons concocté quelques images pour essayer de définir, de cerner l’univers JESUISUNBLOG par l’illustration et non plus par le texte comme vous en avez l’habitude.

 



 

 

Adolescent, je consacrais mes mercredis et samedis après midi à jouer au basket dans l’équipe du Cendre, région Auvergne. 5 petits gars un peu débiles mais vraiment sympa, short et maillot de couleur verte, courraient pendant plus de quarante minutes, d’un panier à l’autre, sur du parquet en bois. J’étais la grande gueule de l’équipe, mauvais joueur et très nerveux, la maladresse de mes coéquipiers m’était insupportable, je n’acceptais pas de perdre à cause des autres et cela depuis qu’un professeur de maths avait confisqué mon carnet de correspondance pour le poser sur son bureau et annoncer “Je vais vous apprendre l’injustice les gars, le premier qui parle, c’est Renaud qui prend”. Deux minutes plus tard, j’inaugurais mes trois premières heures de colle, mes camarades de classe ont toujours eu beaucoup d’humour.

Les entraînements et les matchs de basket se succédaient. Je devenais un véritable compétiteur, dur au corps et meilleur marqueur de l’équipe, je n’ai jamais encouragé un seul de mes coéquipiers, je les insultais tous, j’étais incontrôlable. Je perdais une énergie folle à gesticuler comme un beau diable, les décisions arbitrales tendancieuses me faisaient perdre toute humanité, l’entraîneur, lui même, me considérait comme une véritable teigne. Le président du club n’en pouvait plus, les rares spectateurs, eux, me huaient,  ma mère est venue me voir jouer un week-end, elle ne m’a pas adressé la parole depuis.

Les gars de mon équipe pleuraient régulièrement à cause de moi. Un joueur nommé Guillaume est le premier à avoir craqué, habitué du banc de touche, il ne rentrait jamais en jeu. Je n’ai pu m’empêcher un jour de match, dans les vestiaires à la fin de la rencontre, de lui poser cette question qui me brûlait les lèvres. “Guillaume, pourquoi tu prends une douche?”. Il a sourit, m’a regardé dans les yeux et a rétorqué “Parce que nous sommes une équipe” avant de lancer son gel douche contre la faïence et de fondre en larmes. Le coach m’a sommé de lui présenter des excuses, je ne l’ai pas fait. J’estimais cette question légitime, de par sa pertinence et son implacable logique, je revendiquais un certain pragmatisme, un homme n’a pas besoin de se laver après être resté assis pendant 40 minutes, je voulais juste comprendre. La semaine suivante, Guillaume a donc demandé pardon pour sa réaction disproportionnée. Je n’ai pas accepté ses excuses et j’ai quitté l’entraînement.

L’ambiance se détériorait de semaine en semaine, et malgré l’aplomb dont je peux faire preuve en toutes circonstances je me sentais réellement en danger, mes coéquipiers me surnommaient Adolph et riaient dans mon dos. Il fallait encaisser, la saison n’était pas terminée et nous étions en lice pour la première place. Ce dernier match pour lequel je m’étais préparé psychologiquement depuis des semaines arrivait mais c’était sans compter sur un autre de mes coéquipiers, Gwenaël, un hyperémotif hystérique qui allait contrecarrer mes plans lors de la demi-finale. Le score était serré, l’entraîneur ne pouvait se permettre de faire rentrer en jeu les joueurs avariés, et Gwenaël pleurait à chaudes larmes. Il voulait à tout prix être sur le terrain. L’entraineur pour s’épargner  la vindicte populaire le fit rentrer. En sanglots, Gwenaël prit le ballon, le dribble lourd et informe, incapable de dépasser son adversaire qu’il tenait à distance avec son avant bras, c’est alors qu’il tenta un panier du milieu du terrain à l’aide d’un bras roulé distordu, la distance n’y était pas et la balle rebondit devant mes pieds. Consterné, je ne pus faire l’effort de la ramasser, j’étais sidéré. J’ai tourné le dos au panier adverse pour revenir dans mon camp, je me suis approché de Gwenaël, j’ai mis ma main sur son épaule, les yeux dans les yeux, je l’ai rassuré “Ce n’est pas de ta faute” puis, j’ai éclaté de rire. C’était la provocation de trop, le président m’a signifié mon renvoi de l’équipe 2 jours plus tard.

Le sport, c’est fini pour moi. Je me permets quelques sorties à la piscine parfois, c’est agréable, je nage et j’entretiens mon corps. Et surtout si je me noie, je n’en voudrais qu’à moi-même SAUF si l’on a coulé mes pieds dans une dalle de béton précédemment hihihi.

Bisous.

 

Les agences Isobar, E-buzzing & Co trompent leurs clients sur les bienfaits de la blogosphère et profitent de leur état d’intermédiaire pour tromper l’annonceur et le bloggeur.. L’agence de Buzz est une plateforme web qui fait le lien entre les annonceurs et les bloggeurs.

À titre d’exemple, voilà ce que E-Buzzing propose à ses clients.

« Générez du Buzz pour vos produits, accédez à des profils de leaders d’opinion, recueillez les avis d’experts et établissez le dialogue avec les consommateurs »

Annonceurs !!! L’agence vous trompe.

1)    Une campagne publicitaire sur des blogs n’engendre aucun Buzz significatif, il n’y a donc rien à générer. Ce sont 150 articles sur le même produit balancés dans la « blogosphère », des billets poubelles agressivement imposés au lecteur.

2)    Vous dénigrez inconsciemment votre produit en laissant à des amateurs le soin d’en faire la promotion. La promotion est victime des lacunes rédactionnelles du bloggeur qui va maladroitement placer le brief de campagne entre deux paragraphes. Les bloggeurs qui ont un blog personnel ne sont pas des leaders d’opinions, ni des experts. Voilà un exemple de médiocrité. Un bloggeur ne réfléchît pas pour ses lecteurs et le trafic n’est pas synonyme de réflexion. Ils n’ont d’ailleurs pas plus de 500 visites (et encore) par jour pour la plupart. Quand on connaît le rapport entre produit vu et produit acheté, on peut se poser des questions sur la stratégie entreprise.

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3)    Vous ne dialoguez pas avec les consommateurs. Vous discréditez votre marque en utilisant une méthode qui pose un problème d’éthique. Il est intéressant de pouvoir se renseigner sur un produit mais si l’article est commandé par l’annonceur alors l’avis du testeur est biaisé ainsi que l’information donnée aux consommateurs. Ce n’est pas un article critique, informatif mais promotionnel. Les Internautes s’en rendent de plus en plus compte. Attention. De plus, la Blogosphère est gangrénée et consanguine. tout le monde aime tout le monde, et commente positivement chez tout le monde pour continuer de gagner du fric en postant des billets rémunérés.

4)    L’agence vous répondra qu’il est important aussi d’être visible et présent sur ce « magnifique et nouvel espace de discussion ». Oui c’est important. Mais vous pouvez être visible tout autrement que dans le contenu qui revêt tout les inconvénients cités ci dessus. Le contenant du blog est aussi un très bon espace promotionnel pour placer des bandeaux ou des vidéos que vous aurez pris soin de  produire vous mêmes. Votre support publicitaire ne vous échappe pas puisqu’il n’est pas modifié.

Vive la France.

Matin. Je viens tout juste de me réveiller, j’entends le facteur, pas le temps de mettre quelque chose sur le dos, je sors dans la cour et je saute sur la boite aux lettres. Les échantillons de la nouvelle mousse à raser l’Oréal, la Glob 0.2, sont là comme on me l’avait promis. Quel soulagement ! Je m’accroupis et m’adosse contre le mur, je serre fort le paquet contre ma poitrine et pleure à chaudes larmes. Je m’écorche la peau contre le crépi et me roule par terre jusqu’à épuisement, je rampe jusqu’à la porte de mon appartement et parviens à tourner la poignée, je suis à l’intérieur, encore un petit effort, je dépose le paquet sur le lit et je m’écroule de fatigue : le trop plein d’émotions

Je reprends mes esprits ca y est !! Ouf ! Vous avez bien lu, c’est de la mousse à raser l’Oréal  ! Un concentré de délices spécialement conçue pour votre vilaine peau. On peut parler d’une union parfaite entre un gel protecteur anti-bactérien et un savon aux extraits naturels de vitriol. Je l’ai testé pour vous ce matin, j’ai appliqué la douce écume de ce produit sur mon visage, je me suis rasé et je suis conquis : ma peau est aussi lisse que le pare choc d’une Xantia chromée.

J’ai appliqué la potion magique le matin et l’effet a duré toute la journée. Dehors, j’avais l’impression de marcher plus vite que d’habitude.  Incroyable n’est ce pas ? Un homme nouveau tout simplement. Tous mes amis bloggeurs ont eux aussi testé et ils ont adoré : on a tous validé le produit autour d’une coupe de champagne à la soirée organisée par l’agence. Enfin bon… encore une affaire rondement bien menée par l’Oréal, je vous conseille donc ce produit révolutionnaire qui fera de vous l’homme que vous n’êtes pas : Beauf et Casual.

En ces temps hypocrites où le mot tolérance est plus galvaudé que le mot amour (c’est dire), le droit légitime, basique et incontestable qu’est la liberté d’expression devient de plus en plus bafoué par des parangons de la tolérance auto-déclarés. Auto-déclarés car ce serait insulter l’essence même de l’harmonie et de la tolérance que de qualifier ces couards de l’intellect de tolérants. La liberté d’expression qui conférait à chacun le droit de la description, de l’opinion, de la critique et des louanges est de plus en plus limitée. S’étant à grand-peine libérée du joug de la censure des bien-pensants, elle se heurte désormais aux murs d’une pusillanimité justifiée par cette sublimissime tolérance. Il ne faut pas juger. Ne pas juger, quelle maladroite merveille sémique tout de même.

Ne pas juger, une phrase populaire qui n’a même pas l’élémentaire décence d’être recherchée ; trois mots que l’on se passe tel un relais bienveillant et sous lesquels l’on s’abrite à la moindre goutte de rosée dérangeant le brushing. Ou comment abolir un des fondements de toutes les langues du monde, de la communication en somme : la description qualificative.
En effet, il est désormais impossible de faire remarquer gracieusement à une personne qu’elle semble prétentieuse, illogique, agaçante ou inintéressante à moins de tenir singulièrement à être traité d’intolérant prompt au jugement – et préciser que cela relève davantage de l’ordre du constat que celui du jugement n’arrangera rien. Bien entendu, et la remarque ci-après est particulièrement surannée : les adjectifs appréciatifs ne sont pas perçus comme du jugement. L’être humain est sensible à la flatterie, même si elle revêt les traits grossiers d’une basse flagornerie. Le jugement, qui par définition est positif et négatif, favorable et défavorable, mélioratif et péjoratif dans les limites de la subjectivité, ne s’illustre dans le domaine de la tolérance que s’il a le malheur de ne pas être digne d’une groupie jouissive. La moindre réserve est passible d’indignation et la moindre critique de lapidation.

Ah ! Parlons-en de cette critique, de cette pratique qui ne fait définitivement pas l’unanimité – ce qui est compréhensible. Décortiquer dans le but unique et inique de détruire le travail d’autrui doit paraître quelque peu…blâmable. Peu importe, la critique se soumet intrinsèquement aux avis partagés. Or, se heurter à quelques protestations aussi naïves que : «si t’aimes pas, critique pas» est in extenso comique. Si ces malhabiles contestations n’affectent en rien le chemin de la plume assassine motivée, elles introduisent un questionnement sérieux sur l’existence d’un malaise : une peur de la différence, une phobie de la contradiction qui nuisent à la tolérance, la vraie.

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Au diable le politiquement correct, donc. Dans ces colonnes, on décortiquera hebdomadairement du Blog et des pathologies de Blogueur. À vos fourchettes.

Moom.

Parodies de TINTIN

10 août, 2009

Un petit coquin m’a fait parvenir ces créations qui sont des parodies de bulles d’albums de Tintin. Certaines sont insupportables et scandaleuses mais elles me font rire donc je peux les publier.

tintin_drogue

caniche

boum

gay

veto

cokeracisme

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ecole

Au mois d’Avril, j’ai reçu une invitation pour fêter les 3000 exemplaires vendus du dernier livre auto-édité de Marc-Edouard Nabe. Je suis allé à Châtelet, rue Victoria, dans une galerie d’art réaménagée pour l’occasion. J’ai vu tout ce que Marc-Edouard Nabe exècre dans son livre. C’est à dire 3 étages d’œuvres d’art qui n’en sont pas, un regroupement faussement mondain, petits fours, vin, des discussions onaniques relativement insupportables et beaucoup trop de monde vu la superficie de l’endroit. Je suis parti, affligé.

J’ai découvert Nabe dans l’émission Apostrophes de 1985 qui est un des meilleurs moments de télévision. Il présente son premier bouquin “Au régal des vermines”, Bernard Pivot et Morgan Sportès sont là, agents bien pensants et adversaires de Nabe qui ne cesse de s’agiter et d’être beau dans une espèce d’hymne à la toute violence. Depuis j’ai de l’admiration pour cet homme. Par la suite Nabe dérange et il se plaindra, à juste titre, de ne pas avoir eu la déférence qu’il mérite, se considérant comme un écrivain maudit, mis au bagne par la conspiration hypocrite et conformiste des médias. Aujourd’hui tout a changé, son dernier livre “L’Homme qui arrêta d’écrire” est auto-édité, c’est une première, un coup d’éclat, victorieux en tout point… si seulement.

La télévision, qui a boudé Nabe durant toutes ces années malgré son talent et les 28 livres qu’il a écrit, revient maintenant vers lui et n’hésite pas à lui offrir une tribune. D’abord chez Taddeï, émission culturelle louable en tout point, et ensuite chez FOG, hum. Cette fois il présente son bouquin en premier partie et fait comme tous les autres écrivains en seconde, c’est à dire participer à un débat dans lequel tout le monde y va de son petit avis à la pisse. Nabe s’abaisse à débattre de La Ferme Célébrités et dira que les candidats sont des connards ou des connasses, ce sera le grand moment de l’émission… Nabe a vieilli, il s’est assagi, c’est un commercial qui fait du porte à porte chez les ploucs pour aller vendre son petit bijou, sous contrôle, il revient à la télévision comme une femme retourne vers son mari après avoir été battue. C’est encore plus vrai quand on le retrouve dans l’émission “Salut les Terriens”, chez Ardisson, l’homme qui l’avait censuré en 1999 dans “Tout le monde en parle.”

Le nouveau rebelle accepté s’affiche désormais partout et notamment sur la couverture de Chronic Art brulant le dernier livre de Sollers. Autodafé, scandale,”Nabe est un provocateur, Nabe est insaisissable”. Nabe enflamme les détritus et flamboie avec eux dans une sorte d’auto-satisfaction céleste persuadé d’être séditieux alors que le livre de Sollers n’est qu’une bourbe issue de la culture de masse qui ne vaut guère plus qu’un film de Yann Moix ou qu’un album de Lorie. Dans notre société élitiste et prétentieuse, ce qui est réellement subversif aujourd’hui c’est de lire et d’aimer Marc Lévy, le politiquement correct maintenant, c’est la subversion

Confusion.

5 mai, 2010

C’est son anniversaire. Elle m’appelle. 2H30 du matin, elle est probablement saoule et conne. Je suis faible et j’accepte. Je raccroche, regrette. J’attends. Dix minutes. Vingt minutes. SMS. J’ouvre ma porte, elle est là. Pénible et disgracieuse. Difficile de converser avec cette petite, elle est atteinte de dyslexie intellectuelle, la bombe atomique à Pearl Harbor, Scorcese pour Le Parrain, tout cela avec le sourire et ses lèvres qu’on a envie de découper au couteau. Tant de bêtises dans cette petite bouche, incapable de placer la Bulgarie sur une carte, incapable de se situer sur Terre.

« Pour commencer, dit-elle, je trouve ça dommage de ne pas t’avoir montrer ma vraie personnalité »

Je l’interromps. Elle s’approche pour m’embrasser

« Pourquoi la bise en rentrant ?»

Elle a grossi.

« J’ai pris des kilos, t’as vu? Mais j’ai aussi pris deux tailles de soutien-gorge ».

Petit sourire faussement coquin, ses yeux sentent la merde. Fer à souder. Cigarettes. Son paquet est plein. Je me sers. Sa soeur ca va, ses cours aussi. Elle est étudiante dans une école d’art payée par beau-papa. On forme les pensionnaires à devenir des artistes. L’inscription c’est 5000 euros, pour apprendre à bâtir des paysages urbains à l’aide de bouteilles en plastique. Bonne ambiance, décontractée. Les professeurs boivent et fument avec les éléves. Ivre, le professeur s’avance, serre les poignets de son étudiante, cherche un regard, fronce les sourcils et hurle :

“Ne bride pas ta créativité, je t’en prie, elle t’appartient”.

La petite se débat, il lâche prise, elle pleure. Le professeur jette sa redingote, bondit vers la jeune fille, roule sur le côté et recoiffe ses cheveux en arrière.

“J’ai du mal avec toi et tu sais pourquoi?

- Non, dîtes-moi

- Parce que tu m’attires !

- Vous n’êtes pas homosexuel?

- Non, je suis un artiste.”

L’espèce la plus méprisée de France n’est pas le trader ou le Besson (Luc, Philippe et Eric) mais le fleuriste pakistanais capable de traverser villes et quartiers entiers pour vendre une rose ou un collier de fleurs.

Le fleuriste pakistanais est doté d’un esprit littéraire et de qualités d’abstraction qui frôlent souvent l’imprudence. Car sous une apparente froideur et un charisme inexistant, il est capable de partir à l’arrache pour ce grand voyage durant lequel il visitera les plus belles soutes des navires-cargo à travers le monde. Epris d’humanisme, il a un esprit de rébellion très peu développé ce qui l’amène parfois, subitement, à mettre un terme à son existence après avoir fréquenté les écoles coraniques wahhabites de sa région d’origine. Frustré, dépossédé, il veut compenser le vide spirituel de sa condition de pachtoune sous alimenté et débourse donc une somme considérable, déterminé à fleurir les grandes villes du continent européen. Le fleuriste pakistanais est un être imprévisible malgré une extrême pudeur, il aime à cacher son goût prononcé pour une activité sexuelle riche et intense. Timide, il jouit d’une sensualité profonde et recherche, en général, la stabilité affective qu’il a perdue en laissant sa famille seule, en pleine montagne, dans le nid d’argile qu’il avait construit à l’aide de feuilles et autres brindilles.

Cette migration vers l’Europe est étroitement conditionnée par la disponibilité des ressources alimentaires et par une situation géopolitique plus sereine, apaisée par la profusion des biens de consommation et l’isolement des minorités visibles ce qui réduit considérablement les tensions intercommunautaires. Intégré au paysage urbain parisien, il fait le tour des terrasses lors de véritables randonnées pédestres. Il est ignoré par ses client potentiels et les rares attentions dont il fait l’objet sont l’œuvre d’ostrogoths compléments ivres et piteux.

“Alors tu viens d’où ?”

“Tu vends beaucoup de roses ?”

“Combien ?”

“Tu gagnes combien ?”

“Tu baises ta femme ?”

N’oubliez pas que, très réceptif, le fleuriste pakistanais est plus que soumis aux influences diverses de la part de ses prospects qui vont jusqu’à nier son existence quand ce dernier s’adresse à eux. Il en vient à se poser de graves questions concernant sa présence et sa réalité. En formation, malléable et mobile, il a besoin de s’appuyer sur des tuteurs solides alors, s’il vous plait, ne lui dissimulez plus votre agacement car, intelligent, il peut le comprendre, s’asseoir à votre table et prendre un verre avec vous dans la plus grande quiétude. Le fleuriste pakistanais a, par dessus tout, le sens collectif de la TEAM et le besoin de communiquer avec les autres. Donc soyez Sympas !

Comme il y a un début à tout, tout a aussi une fin et c’est le cas de ce bon vieux site de rencontre, Adopte Un Mec, qui commence sérieusement à faire de vieux os. Découvert grâce au bouche à oreille sournois de phallocrates en manque de vitamine C, cet espace autrefois fertile et riche en goût imite aujourd’hui les vieilles métropoles délabrées, sauce Grozny après le passage d’une ribambelle de chars russes, les chenilles maculées du sang de jeunes garçons et de femmes enceintes.

Rendez vous des bobos geek de mes deux, photographes, graphistes et autres peines à jouir de race blanche harassés par l’hypocrisie du néo-management, Adopte un mec était à la base un endroit détendu où l’on était sûr de se retrouver entre personnes cools et branchées, prêtes à aller déviser sur de fausses oeuvres d’art aux brocantes de Popincourt dans le 11ème arrondissement.

Adopte Un Mec est aujourd’hui aussi poisseux que les littoraux de la Côte d’Azur, délabrés par les masses de touristes accueillies bras ouverts par des autochtones dont le particularisme culturel me file de l’urticaire et une envie incompressible de brûler le Stade Vélodrome de Marseille. Vous l’aurez compris la démocratisation et l’arrivée massive de nouveaux utilisateurs a complètement plombé l’ambiance de ce site à l’habillage aussi rose que les grasses fesses de Michou après une petite dérouillée SM en bonne et due forme.

Secret de polichinelle au même titre que le racisme anti-blanc, les rencards sur ce genre de site sont difficiles à assumer auprès de son entourage. Petit à petit, Adopte un mec s’est passé de mode et il n’y avait plus que les derniers chiens galeux de mon espèce pour se risquer à mettre les pattes dans cette gamelle insalubre aux contours rongés par une gente féminine aux abois.

Comprenant par la suite que les grands gagnants ne sont pas ceux qui trouvent de l’or mais ceux qui vendent les pioches, j’ai proposé mes services et techniques d’approches sur Adopte Un Mec à un tarif qui réjouirait à n’en pas douter n’importe quel joueur de football au physique ingrat. Pauvre de toute proposition, je décidai de fermer mon compte à jamais, laissant derrière moi un puits asséché, bien trop exploité par des hommes sans vergogne capables du pire pour assouvir leur pulsion sexuelle auprès de jeunes filles, ennemies de l’humanité, adeptes de fiches descriptives aussi déprimantes qu’une vidéo de Monsieur Dream et comparses.

Aujourd’hui, je m’en sors grandi, faîtes de même, quittez ce site,  l’amour de votre vie n’existe tout simplement pas.

Les genres humains

17 mai, 2010
Adolescent, la présence de jeunes adultes à la sortie du collège témoignait de la maturité affective des filles, préférant à n’en pas douter l’aplomb manifeste d’un garçon musclé à la main baladeuse et maladroite d’une petite frappe de mon espèce.
Le soir après les cours, je rentrais à pied, tête baissée, pendant que les filles de la classe passaient à toute vitesse dans les bolides de leurs boyfriends sans emploi. Mon amoureuse Marion m’a quitté pour l’un d’entre eux, je la revois assise côté passager, fière du confort de la Citroën AX de Tiago, un lascar d’origine portugaise qui quémandait du respect le soir et déchargeait des camions la journée.
Tiago 22 ans, originaire de Lisbonne, s’est converti un soir à l’Islam tout seul devant sa glace et arborait, le jour suivant, une main de fatma en carton pendue à son rétroviseur. Cela ne l’empêchait pas, et il avait bien raison, de baiser des gamines de 14 ans consentantes sur la banquette arrière pleine de foutre de sa vieille bagnole customisée. Marion n’a pas échappé au désastre. Elle est tombé enceinte deux mois plus tard. Le ventre plein, Tiago l’amenait alors au collège et l’installait jusque dans la classe. Un matin, ils arrivèrent en retard, Tiago ouvrit la porte sans frapper, fit rentrer Marion, une fois assise Tiago se dirigea vers la sortie, s’adressa au professeur le bras tendu vers Marion et lui dit “Téma c’est mon fils”.
Cet épisode fit le tour du collège et l’expression devint populaire. “Téma c’est ma meuf” “Téma, c’est ma note”, toutes combinaisons acceptées selon le contexte. C’était drôle, on rigolait bien, j’avais ma petite revanche. Tout cela aux dépends de Tiago qui ne cessait de s’enfermer dans sa mouvance sectaire, abandonnant ses survêtements Tacchini pour des Jelaba en laine fabriquées par sa mère.  Peu avant la naissance, il changeait de nom et s’appele désormais Abdullah Ben Saoudi, “Un blase de ma composition” affirme t-il aujourd’hui.
Si j’en parle, c’est qu’Abdullah est mort la semaine dernière, piétiné par la foule lors d’un apéro Facebook alors qu’il venait chercher sa fille de 14 ans, ivre morte sur la grand place.

Adolescent, la présence de jeunes adultes à la sortie du collège témoignait de la maturité affective des filles, préférant à n’en pas douter l’aplomb manifeste d’un grand garçon musclé à la main baladeuse et maladroite d’une petite frappe de mon espèce.

Après les cours, je rentrais à pied, tête basse, les filles de la classe, elles, passaient à toute vitesse dans les bolides de leurs boyfriends sans emploi. Mon amoureuse Marion m’a quitté pour l’un d’eux, je la revois assise côté passager, fière du confort de la Citroën AX de Tiago, un lascar d’origine portugaise qui quémandait du respect le soir et déchargeait des camions la journée.

Tiago 22 ans, originaire de Lisbonne, s’est converti une nuit à l’Islam, tout seul, devant sa glace. Il arborait, le jour suivant, une main de fatma en carton, pendue à son rétroviseur. Cela ne l’empêchait pas de baiser de belles gamines de 14 ans, consentantes, sur la banquette arrière pleine de foutre de sa vieille bagnole customisée. Marion n’a pas échappé au désastre, elle est tombée enceinte deux mois plus tard. Le ventre plein, Tiago l’amenait alors au collège et l’installait jusque dans la classe. Un matin, ils arrivèrent en retard, Tiago ouvrit la porte sans frapper et fit entrer Marion. Une fois assise, Tiago se dirigea vers la sortie, s’adressa au professeur le bras tendu vers sa douce et hurla “Téma c’est mon fils”.

Cet épisode fit le tour du collège et l’expression devint populaire. “Téma c’est ma meuf” “Téma, c’est ma note”, toutes combinaisons pouvaient être acceptées selon le contexte. Tout cela aux dépends de Tiago qui ne cessait de s’enfermer dans sa mouvance sectaire, abandonnant ses survêtements Tacchini pour des Jelaba en laine, fabriquées par sa mère.  Peu avant la naissance du bébé, il changea de nom et s’appelle désormais Abdullah Ben Saoudi, “Un blase de ma composition” affirmait-il.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est qu’Abdullah est mort la semaine dernière, piétiné par la foule lors d’un apéro Facebook alors qu’il venait chercher sa fille de 14 ans, ivre morte sur la grand place. Les pompiers n’ont pu le reconnaître tout de suite, défiguré, heureusement il restait dans ses poches les clés de sa voiture, reconnaissable entre toutes.

Après la blogosphère, faites place à la tweetosphère.  Toujours les mêmes, persuadés d’être au centre du monde. Toujours ce microcosme d’early-adopter, cette poignée de petits  prétentieux à la pointe des nouveaux usages,  auto-congratulation, auto- satisfaction, auto-promotions. Minimalisation du blog, plus rapide, plus facile, tout le monde veut  son Twitter, participer et concevoir sa propre marque pour développer une image décontractée et faire de soi une personnalité à la fois sociable, BRANCHÉE et accessible sur l’Internet.
Bien sur, il y a quelques utilisateurs qui ont du talent et une vraie valeur ajoutée mais ils sont noyés dans une masse informe et infâme en quête de reconnaissance. On parle de centaines de milliers d’usagers mais dans la pratique il y a un phénomène d’uniformisation des sphères, un utilisateur crée son réseau dans le réseau et c’est toujours les mêmes, un groupuscule d’une cinquantaine de personnes qui fait de la veille, du buzz et de l’esprit dans une sorte de toute puissance consanguine. C’est tellement plus facile de faire sa promotion auprès de son propre réseau, c’est comme si un journaliste se souciait d’abord d’être lu et apprécié par son entourage que par le plus grand nombre.
Twitter devient un espace saturée par les publications de falots et autres ennemis de l’humanité qui exposent leur intimité en toute impunité pataugeant allègrement dans ces eaux stagnantes mais néanmoins hypes du Web 2. La démocratisation et la personnalisation de l’outil viennent altérer son utilisation et sa fonction basique de source d’information, heureusement, les différents messages sont publiés de façon extrêmement rapide et l’on ne peut appréhender de façon complète le misérabilisme et l’état psycho-pathologique des individus.
Dans la culture des réseaux sociaux, la mise en relief et la sublimation de soi sont devenues monnaie courante, que ce soit de manière fictive ou même réelle, c’est pourquoi petit à petit, on assiste à une normalisation de la vision de l’inconsistance sur Twitter et donc de la prolifération de contenus particulièrement débiles et inconsistants. C’est génial. J’adore.
Finalement, je relis ce billet et je me dis que bon, chacun est libre d’utiliser l’outil comme il le sent, de plus il y a la fonction « désabonner » qui permet de supprimer un utilisateur de son flux si ce dernier est ennuyeux. Ce billet est donc habité non pas par ma déception de voir l’outil se dégénérer mais par l’aversion que j’ai pour la plupart des utilisateurs de Twitter, j’ai parfois mal à la poitrine, c’est assez désagréable. Pour incarner mon propos voici des petits exemples assez significatifs.

Après la blogosphère, faîtes place à la tweetosphère. Toujours les mêmes, persuadés d’être au centre du monde. Toujours ce microcosme d’early-adopters, cette poignée de petits prétentieux à la pointe des nouveaux usages, cette auto-congratulation, auto-satisfaction, auto-promotion. Minimalisation du blog, plus rapide, plus facile, tout le monde veut  son Twitter, participer et concevoir sa propre marque pour développer une image décontractée et faire de soi une personnalité à la fois sociable, BRANCHÉE et accessible sur l’Internet.

Bien sur, il y a quelques utilisateurs qui ont du talent et une vraie valeur ajoutée mais ils sont noyés dans une masse informe et infâme en quête de reconnaissance. On parle de centaines de milliers d’usagers qui échangent et jouissent comme de beaux diables, mais dans la pratique, il y a un phénomène d’uniformisation des sphères, un utilisateur crée son sous réseau dans le réseau et ce sont toujours les mêmes qui reviennent, un groupuscule d’une cinquantaine de personnes qui font de la veille, du buzz et de l’esprit. Tout cela dans une sorte de toute puissance consanguine, c’est tellement plus facile de faire sa promotion auprès de son propre réseau, c’est comme si un journaliste se souciait d’abord d’être lu et apprécié par son entourage que par le plus grand nombre.

Twitter devient un espace réduit, saturé par les publications de falots et autres ennemis de l’humanité qui exposent leur intimité en toute impunité, pataugeant allègrement dans ces eaux stagnantes mais néanmoins hypes du Web 2. La démocratisation et la personnalisation de l’outil viennent altérer son utilisation et sa fonction basique de source d’information, heureusement, les différents messages sont publiés de façon extrêmement rapide et l’on ne peut appréhender de façon complète le misérabilisme et l’état psycho-pathologique des individus.

Dans la culture des réseaux sociaux, la mise en relief et la sublimation de soi sont devenues monnaie courante, que ce soit de manière fictive ou même réelle, c’est pourquoi petit à petit, on assiste à une normalisation de la vision de l’inconsistance sur Twitter et donc de la prolifération de contenus particulièrement débiles et sans saveur. J’adore. C’est génial.

Bien sur hein, HEIN, chacun est libre d’utiliser l’outil comme il le sent, il y a la fonction « désabonner » qui permet de supprimer un utilisateur de son flux si ce dernier est ennuyeux, hihi : ce billet est donc habité non pas par ma déception de voir l’outil se dégénérer mais par l’aversion que j’ai pour la plupart des utilisateurs de Twitter, j’ai parfois mal à la poitrine, c’est assez désagréable. Pour incarner mon propos voici des petits exemples assez significatifs que j’ai choppés au hasard rien qu’aujourd’hui.

Bisous les TWITTOS.

Sur Twitter, les informations circulent très vite, les mobilisations se créent rapidement, beaucoup d’agitation se forme autour d’un événement et puis pouf, deux semaines après, plus rien. Le mois prochain, ce sera le premier anniversaire du soulèvement iranien contre le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. Aujourd’hui tout le monde a oublié, bien que jadis, fleurissait sur Twitter, l’enthousiasme candide d’internautes fainéants qui n’hésitaient pas à suivre le mouvement, heureux de pouvoir participer à une révolution derrière leurs écrans d’ordinateurs.

C’est dans une sorte de branlitude totale que les TWITTOS arboraient fièrement la couleur verte sur leur avatar car oui, OUI, ils soutenaient les opposants iraniens qui se révoltaient contre des fraudes électorales, alors qu’eux-mêmes n’avaient pas bougé le petit doigt quand on leur volait le NON au Référendum Européen de 2005 lors de la signature du traité de Lisbonne, le 13 Décembre 2007.

Que s’est-il passé pour que les TWITTOS passent si vite à autre chose ? Eux qui ont relayé sans cesse les vidéos des heurts en Iran, eux qui se sont affligés devant la mort des opposants fusillés en pleine rue. Et bien, entre temps, oui, Michael Jackson est mort. Les sensibilités et les médias se sont alors déplacés vers une autre actualité, laissant les iraniens voguer à leurs occupations, à l’ombre du Roi de la Pop qui a tant apporté à la société du spectacle, au travers du monde. Oh oui, il a tant apporté. Quel génie.

On peut donc se poser la question de la hiérarchie des événements, un peuple, les fraudes, la révolte, les tortures ; les TWITTOS les occultent du jour au lendemain, jettent leur dévolu sur la mort de M.J, alors qu’ils jouaient un rôle qu’ils estimaient déterminant dans le relais des informations et dans la mobilisation qu’ils ont encouragés des jours durant. Volte-face logique, obligée par l’évidente connexité entre la mégalomanie ridicule de M. Jackson et l’orgueil mal placé des petits princes du tweet.

Ces doux renversements sont opérés par une poignée d’utilisateurs déclarés influents. Ils monopolisent Twitter et orientent les affects des autres vers tel ou tel événement. Ils se connaissent et entretiennent une certaine main mise sur l’outil, toutefois ce n’est ni une conspiration, ni un complot, ce sont des égos, une élite autoproclamée, une centaine de mecs qui se cajolent en toute quiétude, s’applaudissent et jouissent dans la même direction. Comme les mauvais journalistes, ils diffusent l’information de manière expéditive et éparpillée. Avant que le cerveau puisse complètement digérer la surprise, l’anxiété et même la souffrance induites par une publication, il est matraqué par une publication suivante.

La valeur d’un tweet ne repose pas sur son contenu, mais sur sa propension à être diffusé alors on privilégie ce qui est susceptible de “buzzer” au détriments des informations majeures et pertinentes. L’information est jetée à notre figure, Twitter est un médium jeune et novateur aux mains des mauvaises personnes. En quête perpétuelle de reconnaissance, ces psychopompes font comme la blogosphère, ils font comme les médias traditionnels, ils participent tous à une course effrénée au sensationnel, pour être les premiers et ainsi faire croître l’INFLUENCE.

 

5 jours. 5 jours avant le grand rassemblement, la Coupe du Monde de Football 2010, la première du continent Africain. Cette année c’est décidé, je me joindrai à la foule bruyante devant le téléviseur, prête à bondir et hurler pour soutenir l’Equipe de France composée de joueurs dont je n’ai jamais entendu parler auparavant. Pour se faire, je vais devoir réapprendre les règles basiques de ce sport dont j’ai largement oublié les rouages depuis l’Euro 2000, dernière manifestation footballistique que j’ai assidûment suivie jusqu’à la victoire finale face à la Squadra Azura de Paolo Maldini.

C’est au volant de ma Volvo 240 break bleue foncée que je me dirige vers Pontus, village tourmentée, 10 000 véhicules dont 1800 camions empruntent chaque jour la route nationale qui traverse la commune. Pontus reçoit la petite ville de Chadrat pour un match, il s’agit donc d’examiner au plus près l’univers du football, le football populaire. Je contourne le bourg engorgé, j’arrive à proximité du complexe sportif Pontusien : un terrain de football, une balançoire et la buvette.

Je suis garé, je prends mon cahier Clairefontaine, un stylo. Mourir ou se laisser porter par la magie du sport amateur, la rambarde blanche qui délimite le terrain me sert de pupitre, je note, les locaux sont en bleu, les visiteurs en blanc. Les shorts des joueurs sont trop grands, les manches des maillots aussi. Tout est trop large sauf les cages du gardien de but, bien trop étroites pour les attaquants, qui s’essaient à des frappes lointaines pleines d’impuissance et de dédain. Les supporters semblent critiquer les “nouveaux ballons” plus rapides, trop légers “c’est comme jouer au volley-ball avec les pieds”. D’accord, je note. Les joueurs crachent et hurlent pour s’encourager « Au ballon, au ballon » « Pression, devant, pression » « Allez les gars, on joue pas le 0-0 » « Jouez dans les intervalles, les intervalles » « La passe, la passe » « Hors jeu, Monsieur l’arbitre, hors jeu » « Renverse le jeu Pierrot ». Renverse le jeu Pierrot. De quoi s’agit-il ? C’est technique. L’engouement se dissout et laisse place à la frustration lorsqu’un joueur de l’équipe adverse mime l’avion à l’aide de ses bras et plonge sur le sol. L’herbe est sèche et sablonneuse, la glissade est ratée mais il vient de marquer un but, la joie l’emporte donc sur la douleur, il ne sent pas ses genoux saigner aux vents de la victoire.

La défaite se profile, les locaux sont dépités. C’est assez gênant quand on pense que pour certains, il s’agit de la seule distraction de la semaine, télévision mise à part. On discute déjà de la semaine prochaine, de l’autre équipe, du débat sempiternel sur la difficulté de remporter un match et à les entendre dire, la descente en division inférieure est inévitable. Je ne suis pas un expert mais il me semble que les gars sur le terrain ne sont pas des sportifs mais de jeunes chômeurs sans activité qui vivent tous chez leur mère et dépensent les rares thunes qu’ils ont en joints et carrosseries. Le dimanche quand il s’agit de les foutre sur le terrain, il ne faut pas s’étonner du spectacle. C’est tout !

L’humour noir ne vient pas d’Afrique mais il trouve là une source inépuisable d’inspiration. Terre de désespoir, broyée par la misère, le fourbe est celui qui s’insurge sans ne rien faire, nous Occidentaux soyons harmonieux, l’humour noir se prête plus volontiers à notre état d’esprit sardonique que l’humanisme vulgaire d’une couvée de bien pensants effarouchés.

L’humour noir, c’est la capacité à faire de l’esprit sur des sujets considérés comme atroces et douloureux et ainsi mettre en relief la déraison de l’humanité. Les imbéciles s’en offusquent, car l’humour noir est politique, c’est une subversion de la norme humoristique qui voudrait que le rire soit forcément connexe à la joie. Cette joie quelle est-elle aujourd’hui? Quels sujets les humoristes abordent-ils dans leurs spectacles pour nous faire rire ? Le communautarisme, les choses du quotidien et la famille. Ces trois champs d’exploitation ont tous un point commun, le repli sur soi. Ce gentil nombrilisme sans relief rassure et contraste durement avec les aspérités immorales de l’humour noir.

Aujourd’hui on pense, l’humour noir c’est Stéphane Guillon, la scie sauteuse gesticulante, l’acteur raté qui n’a rien trouvé de plus subversif que se moquer de la taille de Nicolas Sarkozy et du priapisme de Dominique Strauss-Kahn. On confond aujourd’hui la violente vulgarité d’un Guillon au caractère métaphysique de l’humour noir capable de nous faire asseoir sur 1,5 million d’enfants juifs morts dans les camps pour une bonne blague au coin d’une table. L’humour noir est noble quand il est le signe d’un espace de pensée préservé de l’opinion lourdement suggérée par le devoir de mémoire qui implique et impose une vision sacrale et uniformisée des tragédies qui nous transpercent. Le réduire à quelques blagues mal ficelées, c’est l’appauvrir et le restreindre à sa dimension provocatrice et malencontreuse. Ainsi le noir de l’humour, quand il est vide tire vers le néant et est encore plus opaque que la cave dans laquelle je passerai bien Stéphane Guillon à tabac devant sa petite famille.

Nul besoin d’être passionné de football ou envoyé spécial à Knysna pour constater les dégâts de l’Équipe de France en Afrique Du Sud. On se souvient de 1998, même les « béotiens » avaient été conquis par cette acmé d’une France pleine d’espoir multiculturel, gonflée à bloc. Mais ce qui s’est passé en Afrique du sud n’est nullement un épiphénomène bouffon, circonscrit seulement au monde sportif, c’est un révélateur des plaies dont souffre notre pays, la France.

D’abord le triomphe de la sous-culture marchande occidentale, des pires engeances de la société, la victoire de la bestialité, de la vulgarité, de la sauvagerie d’un Ribery pitoyable, animé par le gros rire TF1. Les Anelka, Ribery, Domenech et autres nullités ne sont en fait que les sicaires du capitalisme, ils sont le reflet de l’empire de la trivialité, de l’argent comme évangile, de la bite comme poésie. La France déglinguée, ni plus ni moins, livrée aux animaux.

En amont, un gouvernement et son président qui n’hésitent pas à sombrer dans la grossièreté adipeuse pour bar tabac Seine et Marnais, en aval les raclures de cette « équipe » de France qui sont à l’aune de ce pouvoir, qui fait tout depuis des années pour décharner la carcasse de ce pauvre pays : l’aplanissement de la culture, de l’érudition, de la finesse d’esprit, de l’humanisme qui nous ont conduit au désastre. D’une équipe autrefois brillante qui reflétait l’alacrité de la France, on est passé à un ramassis de racailles pourries par le fric, émanation d’une France livrée aux vigiles de supermarché, aux employés de banque, aux commerciaux SNCF incultes, aux politicards à l’italienne…

D’Homère à Zinedine Zidane, l’héroïsme s’est dégénéré, transformé. Aujourd’hui qui sont les héros? Ce sont les dissidents, les résistants, les aventuriers solitaires, Tintin ? Non, tous ceux là n’existent plus. L’héroïsme contemporain est de ne plus avoir besoin de héros puisqu’il n’y a plus de valeur à défendre, à part soi-même et son petit compte en banque pourri. À 1 mois près, on n’organisait pas l’Euro 2016, mais d’ici là j’aurai déjà migré sous d’autres latitudes.

 

Rétrospective.

8 août, 2010

Nous sommes le 8 Aout et depuis le 22 juin, je n’ai toujours pas alimenté mon espace d’expression. Normalement j’aime beaucoup narrer, raconter une histoire,  les regards convergent vers moi et j’oublie alors les abjections de mon père qui contestait, le genou sur ma trachée, le fait de ma propre existence. 
Ma présence ici est la conséquence directe de ces brimades, lorsque j’ai créé ce blog mon défi éditorial se résumait en trois points. 
1) Prouver que j’existe. 
2) Exprimer mes turpitudes
3) Séduire les femmes

Curieusement, c’est en exprimant mes turpitudes que j’ai pu certifier de mon existence. J’écrivais, je m’essayais sur ce blog, j’attendais un retour des internautes. Suis-je réel ? Puis-je avoir de l’importance aux yeux des autres ? Les dizaines de mails d’insultes que j’ai reçus pendant plusieurs mois m’ont prouvé que oui. Il y avait un FEEDBACK. Xénophobe, misogyne, homosexuel et insupportable, j’étais tant de choses à la fois que je ne pouvais m’arrêter là. J’ai donc naturellement continué à aviver la flamme, j’ai œuvré afin de consolider ma réalité.

Enthousiaste et définitivement hystérique, j’ai même pris ma carte à Debout la République, parti politique de Nicolas Dupont-Aignan, intransigeant sur l’immigration, profil parfait pour rameuter les internautes.

Malheureusement à la lecture de ce mail, j’ai paniqué, j’avais pris trop d’envergure, il me fallait renoncer, mes proches et mes rares amis me reprochaient d’avoir changé, d’avoir pris la “grosse tête”. Ils avaient raison, ma vie c’est pas la politique.

Une fois reconnu et rassuré, il fallait que je concrétise, c’est l’objectif du troisième point : séduire les femmes, sujet assez délicat puisque mes échecs sont successifs et absolus dans ce domaine.

Adolescent, je voulais comprendre comment attirer une fille, j’imaginais des scénarios et au fil de ma pensée, je finissais logiquement par m’engouffrer dans une limousine noire, une femme à chaque bras, j’étais devenu une star du cinéma. Mes diverses stratégies élaborées au cours de ce travail d’anticipation menaient à une seule conclusion : elles étaient indéfectibles et portaient leurs fruits… à un détail près puisque comme tout super-héros qui se respecte, j’avais un point faible, un axiome complètement hérétique, j’étais convaincu que les femmes adoraient qu’on leur parle du rapport que l’on entretient avec notre mère, je pensais qu’elles trouvaient cela “chou” et j’ai donc basé mon processus de séduction sur ce postulat.

J’ai commencé par expliquer aux filles que je rencontrais que la virginité tardive de certains garçons était la conséquence d’une disposition psychologique inconsciente : la volonté de ne pas tromper leur mère, du moins pas encore. J’exposais ma théorie fièrement, sur de mon succès et je clôturais par cette révélation : “je suis prêt, moi, à tromper la mienne avec toi”. Elles étaient troublées, elles étaient touchées. D’une certaine manière, il se passait quelque chose mais au fil des échecs, j’ai compris que cela ne suffisait pas. J’ai donc commencé à les supplier. J’ajoutais “je t’en supplie, dis oui” à la fin de ma demande mais ca ne fonctionnait pas non plus. Un jour, découragé, je me suis levé de ma chaise, j’ai giflé mon interlocutrice, j’ai hurlé “Masochiste” et je suis parti en courant. J’avais peur putain. J’ai voulu la revoir et présenter mes excuses mais elle ne les a jamais acceptées malgré 6 lettres anonymes, 34 appels en absence et une centaine de textos. Que pouvais-je faire de plus, j’étais terrorisé.

Aujourd’hui, je suis toujours un homme seul mais pétri de bonnes intentions. Je ne parle plus aux femmes. Je ne vais pas m’acharner, j’ai très bien compris qu’elles ne voulaient pas de moi. Aucun problème, je me venge sur Youjizz, j’alimente grassement l’économie du porno amateur violent, j’ai 32 comptes premium qui marchent en continu. Ma vie est consacrée à cela, je ne sors plus de chez moi, je pèse 54 kilos et je me nourris exclusivement de raisins secs. Je tiens le coup mais ca ne va pas durer longtemps.

 

 

Le principe du stress au travail c’est de faire des choses dont on ne comprend pas le sens et quand on ne comprend pas le sens de ce que l’on fait 8 heures par jour, 35 à 40 heures par semaine, il y a des raisons pour attenter à sa vie et laisser femmes et enfants sur le carreau.

C’est l’histoire d’une mère de famille qui n’en pouvait plus de servir des plateaux repas à des condamnés à mort. Elle nourissait le détenu parfois plusieurs années et un beau jour la cellule changeait de locataire, Monsieur avait été exécuté en catimini durant la nuit et Josianne n’en était jamais informée. Son statut Z3 ne lui autorisait pas l’accès à ce genre d’informations considérées comme confidentielles. Josie etait un cordon bleu, sa spécialité? Le rôti de boeuf sauce madère. “Nourrir et Mourir” disait Josiane quand elle exprimait son ras-le-bol. “Une seule lettre de différence mais beaucoup de malheur”. Josie oubliait qu’il s’agissait en fait de deux lettres puisque “nourrir” prend deux “r” et mourir un seul, on lui pardonnait, Josie n’etait qu’un personnage sorti de mon imagination, altérée par la coke et les escargots de Bourgogne. Pour ma part, j’étais et je suis toujours complètement dépendant de Josie, ce diminutif me fout en rogne et trotte dans ma tête comme un petite loutre mal-famée. Il fait ressurgir en moi toutes mes prédispositions psycho-pathologiques, je connais Gerard Miller personnellement, son bouquin Malaise édité au Seuil en 1992, c’est moi qui l’ai écrit, je suis Gerard Miller. Je ne peux m’empêcher de parler de mes origines juives à chacune de mes interventions, j’arrive toujours à le placer, c’est mon leitmotiv. J’ai quelques problèmes, je ne vais pas tarder à mettre fin à mes jours.

Josie, josie, que fais-tu quand tu rentres chez toi ? Elle se touche. Devant ses gosses. Ils sont scotchés par la télévision, ils ne remarquent rien, bien trop occupés à regarder Frédéric Lopez pleurer devant une tribu de Papous. Une fois apaisée Josie va se coucher, les enfants aussi. Les enfants. Ses enfants. Mes enfants. J’ai inoculé un peu d’imagination dans le vagin de Rosie.   Epuisant, ces clins d’oeil de l’ecrivain divin qui jabote sur ses capacités à créer un véritable univers avec sa petite tête. Autrefois, je déchirais une par une les pages des livres qui recèlaient cet exercice de style suranné, en murmurant des Ave Maria à la lueur des bougies que je disposais soigneusement  dans toute la pièce (il y’en avait 239). Pourquoi ce chiffre ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais il était identique à chaque séance. C’etait une façon pour moi de donner un sens à mon existence qui, si j’ose dire, n’existe pas elle-même.

L’existence qui n’existe pas elle-même ? Gros sujet. Vous avez quatre heures. Je déconne. Je suis un gros déglingo, je m’amusais à dire bonjour aux passants Rue Lepic. Je les fixais et souriais. Ils étaient surpris. Pourquoi étaient-ils surpris ? Je n’en ai pas la moindre idée. Ils n’ont peut être pas l’habitude d’être salué par un inconnu, mon regard les effrayait. J’ai le blanc des yeux jaune, je suis malade. Cette cellule va me tuer, le corps de Josianne gît à mes pieds,  j’ai toutefois fini mon assiette. Elle est morte, je l’ai cachée sous mon lit, je l’emporte avec moi, elle fera de beaux repas la haut. Ma demande en mariage va la surprendre, un mariage éternel. Elle m’attend. Demain, je serai exécuté à l’aide d’une corde et d’un tabouret dernier cri. C’est tout moi ça. Ah, j’entends un maton qui approche. Je dois avaler ce bout de papier, sinon il découvrira le pot-aux-roses. Je suis vraiment très malin, j’ai toujours pris mes dispositions avant de partir en vacances.

Là.

Henri.

 

Digression maladive.

6 octobre, 2010

Chers LECTRICES et lecteurs,

Comme vous le savez, j’aime raconter des histoires, des choses du quotidien, des choses de cette vie créatrice de malaises et autres tribulations en tous genres, c’est l’émerveillement perpétuel qui fait que l’on avance malgré les embûches et les trébuchements. Aujourd’hui, je viens à vous, nu comme un ver, piteux et malodorant pour vous conter un épisode de ma vie d’enfant. 
J’étais en CM2, je crois et nous avions l’habitude dans ma classe d’organiser des “booms”, des fêtes, des rassemblements peu opportuns. Bien sur, on le sait tous, ces choses là étaient rarement réussies et l’on en plaisante aujourd’hui, mais pour ma part j’ai autre chose qu’un mauvais sketch de Frank Duboscq à vous raconter.

Garage, nous sommes dans mon garage recouvert de béton. Boissons et nourritures sont disposées sur une vieille table de ping-pong. Mon petit frère, de 2 ans mon cadet, tient absolument à participer mais je ne peux évidemment pas supporter sa présence, c’est mon événement, ma fête, pas la sienne. Je lui saute à la gorge, comprimant sa nuque avec mon genoux et je crie “Qui est le grand manitou, alors ? Qui est le grand manitou ?”. Je répète deux fois pour donner un effet d’écho à ma question afin d’apeurer mon adversaire naturel, qui la tête enfoncée sur le sol ne se débat même plus tant ces exactions sont fréquentes et régulières. J’aimerais vous raconter cela de façon humoristique pour que la lecture soit plus agréable, c’est assez complexe tout n’est que violence pernicieuse, la cellule de base qui compose mon corps est la vilénie, je suis envieux, cela me démange réellement, ma peau est abimée. Ma fascination pour le mal est une manière pour moi d’échapper à l’ennui existentiel et cela depuis ma tendre enfance. Les murs de ma chambre sont tapissés du masque du film Scream, il y’en a 490, accrochés à la main à l’aide d’un burin et de clous crantés d’origine soviétique, longs de 45mm. J’ai peur de moi. Aujourd’hui, mon frère subit l’administration systématique et massive d’anxiolytiques et a du mal à régler ses cotisations d’assurances maladie. Je me sens coupable. Cela ne m’empêche cependant pas de vivre ma vie comme si de rien n’était, à amener mes enfants au parc et à accepter que l’on me compare à lui lors des réunions familiales, oui c’est moi qui ai réussi, oui c’est moi le meilleur.

Je suis perdu, réalité et fiction sont définitivement agglutinées l’une contre l’autre, est-ce un récit fantasmé, peut être. J’écris mes mémoires, si ils étaient édités ils seraient alors automatiquement discrédités par mes pairs et les critiques du fait de mon jeune âge, 24 ans. J’attends. J’ai déjà tout écrit, la rencontre avec ma femme (qui n’existe pas encore), ma vieillesse, ma retraite, ma mort : 3500 pages, 200 de plus que les Mémoires d’Outre Tombe de Châteaubriant. Je vis ma vie selon mon récit. Je cherche une femme au nom de Tiphaine, c’est assez difficile puisqu’elle est censée avoir un charmant accent Bulgare, je fréquente donc abondamment les sites de rencontre des pays de l’est. Je suis prêt à mettre le prix. J’ai de l’argent. Cet article est censé être publié sur mon blog et ignoré par la plupart d’entre vous, ce qui me fera réflechir sur la pertinence de continuer à entretenir un espace d’expression. Je vais pleurer ce soir. Vous retrouverez cet épisode dans le 10ème volume, page 234 de mon récit.

Les 29 Volumes de mes mémoires sont disponibles sur simple mail à l’adresse jesuisunblog@gmail.com. Je les envoie par colis ; à mes frais bien sur. Ce sont des feuilles volantes photocopiées de dix grammes chacune, le paquet pèse donc 35 kilos. Merci de votre attention.

 

Renaud.

Aujourd’hui François tente de nouer le contact avec son voisin Patrick à qui il n’a jamais parlé. Patrick est un jeune homme discret, omniscient et peu bavard, le courant passera t-il entre les deux voisins ?

Francois à un concert de bienfaisance  dans l’Est Parisien en 1992

Patrick, jeune homme bien dans ses pompes, humble, discret, mystérieux, hétérosexuel.

“Si je vous dis que je ne m’appelle pas Jean Marc mais Bruno, que la musique est la mesure enrhumé de mon coeur abîmé, que ma rime est nocive, serrée de près par les dérivations régressives d’un homme à la sexualité dépressive.”

J’ai trouvé ce mot sous ma porte. C’est François, le motard du cinquième. Il pionce dans 8m2 au dessus des toits et apparemment c’est aussi son studio d’enregistrement. François est musicien, il porte un synthétiseur sur l’épaule systématiquement quand il sort de chez lui.

“Oui c’est une façon d’être créatif à tout instant, je compose immédiatement, c’est mon petit secret.”

Le secret d’un échec qui dure depuis 10 ans.

“Je préfère parler de musique confidentielle que d’echec à proprement parler. Je sais me positionner, marquer l’esprit du consommateur. Car oui de ma musique nait un produit culturel destiné à être vendu, j’emploie donc le terme – silence – de consommateur.”

Depuis la dématérialisation du support physique, François est assez confiant.

“J’ai depensé des milliers d’euros en compact-disc vierges que j’ai stocké pendant plus de 9 ans dans un faux-plafond, explique t-il, mais aujourd’hui plus besoin, plus besoin des majors non plus, plus besoin de producteur. La dématérialisation de la musique démultiplie les champs de connaissances et décloisonnent un secteur, comment dire….. sclérosé ?

François sort une Marlboro de la poche-avant de son cuir bon marché.

“Les meilleures”

François termine sa cigarette et m’invite à le suivre jusque chez lui. Il monte et descend les escaliers en pas chassés.

“L’industrie du disque est morte, on s’est foutu de notre gueule pendant des années. Phil Collins s’est foutu de notre gueule.”

François ouvre la porte de son appartement, une chambre de bonne en bordel. Je m’assois sur son pieu, François se retourne il tient un sachet de pillules dans sa main droite, une guitare sèche dans sa main gauche.

“Rock sous amphet d’un côté, ballades intimistes de l’autre. Je suis comme ça. L’équilibre, mec”

L’équilibre répéte-t-il en soupirant.

“Je vais te montrer mon astuce, la clef du succès. Bouge pas, je t’en prie, ne bouge surtout pas. “.

Il me tient par les épaules, sa bouche est à 4 cm de la mienne.

“Tu connais Myspace?”

à suivre………

Pour vous tenir au courant des prochains épisodes de la Saga de l’automne “Mes voisins, ces génies”. Inscrivez vous là sur Facebook.

 

Y’a des soirs je ne peux pas lutter, je m’allonge comme un sac à rien dans mon pieu et je me laisse défoncer la face par l’Internet mondial et toutes ses rosseries intergalactiques. J’arrive à un niveau d’endurance prodigieux où je peux mêler en trois heures vidéos crados, articles de bloggueuses mode, séries trash et films de boules hardcore, tout ça en sirotant une bonne bouteille de Saint Yorre.

Hier soir, j’ai pu enchaîner un épisode de Dexter dans lequel on retrouve 5 cadavres de blondasses fraîchement sorties de leurs bidons, étalées sur la route baignant dans une fine couche de formol, deux épisodes de The Walking Dead avec pas moins d’une centaine de zombies dégueulasses dont la seule préoccupation est d’avaler de la chair fraîche, et enfin une séance de Sasha Grey, actrice alt-porn qui mélange gothique, tatouages et performances aérodynamiques déshumanisées.

 

 

Quelle douceur !

Sasha Grey  délivre en effet à chacune de ses apparitions, une prestation architecturale de toute beauté, j’en sais quelque chose puisque j’ai pu apprécier une large partie de sa filmographie la nuit dernière sur Youjizz.com. J’avais carrément abandonné l’idée de me masturber et je me contentais de visionner cela avec la curiosité que tout à chacun peut avoir devant un documentaire animalier.  Jusqu’où va t-elle aller ? Arrive t-elle à trouver le sommeil ? A t-elle était violée étant jeune ? Est-elle inscrite sur adopteunmec.com ? Ces questions que tout être doué de compassion peut se poser un jour où l’autre face à tant d’opiniâtreté.

La détermination, la persistance, la solidité physique et morale sont des qualités propres à certaines actrices porno et à d’autres protagonistes sur le web. J’ai nommé les bloggueurs High-Tech qui eux aussi n’hésitent pas à verser sang et sueur sur l’autel de l’internet mondialisé afin de partager, avec nous,  découvertes technologiques et  névroses incurables.

Un jour viendra from LoKan Sardari on Vimeo.

J’avoue je n’ai jamais pu regarder une revue High-tech en entier sans attenter à ma vie et pourtant je me sens proche de ces vieux bougres numériques qui finalement jouissent comme moi devant l’objet. Le geek s’enthousiasme pour sa Méga-drive et moi pour un bon porno des années 80, on est nostalgique c’est normal, lui ca lui rappelle son enfance et moi ca me rappelle ma mère.

 

 

Trait pour trait avec ma maman. Incroyable.

Ma mère qui gardait ses vieilles VHS porno dans son armoire derrière son lit, combien de fois j’ai pu la taquiner avec Rita La Vicieuse, la cassette qui a vraisemblement le plus attiré mon attention. Elle se vengeait 1 an après en découvrant près de mon lit les pages déchirées d’un vieux magazine érotique rouge et noir. “Alors tu lis Stendhal à ton âge ? C’est bien, je suis fière de toi”. J’ai compris cette vanne deux ou trois ans après quand les jpegs avaient remplacé le support papier, je les faisais défiler en diaporama comme un coquin puceau (L’ordinateur familial se trouvait alors dans le salon). Aujourd’hui ma sexualité est en ruine, c’est pourquoi j’ai activé le filtre parental sur mon ordinateur hier avant de me coucher sachant pertinemment que ce dernier ne fera pas long feu. Misère.